Tu viens de consulter ton résultat et tu as obtenu 19, 18 ou même moins de 15 points au permis ?
C’est forcément décevant, surtout si tu n’as commis aucune faute éliminatoire et que tu pensais avoir plutôt bien conduit.
Pour réussir l’examen, tu dois obtenir au moins 20 points sur 31, sans erreur éliminatoire. Mais ton total ne suffit pas à comprendre précisément pourquoi tu as échoué.
Il faut surtout regarder la répartition de tes points sur ton bilan de compétences et identifier ce qui t’a pénalisé.
Si tu veux comprendre comment l’inspecteur attribue les points, commence par lire notre article sur la grille d’évaluation du permis.
Si la lettre « E » apparaît sur ton résultat, ton échec est lié à une erreur éliminatoire. Tu peux alors consulter notre article consacré aux fautes éliminatoires au permis.
Dans cet article, nous allons surtout nous intéresser aux élèves qui ont obtenu moins de 20 points parce que plusieurs compétences n’étaient pas encore suffisamment maîtrisées.
D’après notre expérience de moniteurs, trois éléments sont très souvent à l’origine de ce résultat :
- la maîtrise du véhicule ;
- l’anticipation ;
- le rythme de conduite.
Et surtout, ces trois éléments doivent être travaillés dans cet ordre.
1. La maîtrise du véhicule n’est pas encore assez automatisée
La première base, c’est de pouvoir contrôler ton véhicule sans que cela te demande toute ton attention.
En boîte manuelle, cela concerne notamment :
- le démarrage ;
- l’utilisation de l’embrayage ;
- le passage des vitesses ;
- le rétrogradage ;
- les démarrages en intersection ;
- la reprise en première lorsque la situation l’impose.
En boîte automatique comme en boîte manuelle, tu dois également être suffisamment à l’aise avec :
- le volant et les trajectoires ;
- l’accélération et le freinage ;
- les manœuvres ;
- le placement du véhicule ;
- l’adaptation de ton allure.
Il ne s’agit pas d’être parfait ni de conduire comme quelqu’un qui possède son permis depuis dix ans.
Mais si tu dois encore beaucoup réfléchir à tes gestes, une grande partie de ton attention reste concentrée sur la voiture.
Tu as alors moins de disponibilité pour observer les autres usagers, analyser les intersections et prendre tes décisions.
Par exemple, tu peux :
- découvrir une priorité trop tard ;
- oublier un contrôle parce que tu cherches ta vitesse ;
- freiner brusquement parce que tu n’as pas suffisamment ralenti en avance ;
- hésiter à démarrer alors que tu avais le temps de passer ;
- perdre ta trajectoire pendant une manipulation.
Ce ne sont donc pas toujours les gestes eux-mêmes qui te font perdre le plus de points. Ce sont aussi les conséquences qu’ils peuvent avoir sur le reste de ta conduite.
Comment travailler cette première difficulté ?
Demande à ton moniteur de cibler précisément les gestes qui mobilisent encore trop ton attention.
L’objectif est de les répéter dans des situations relativement simples avant de vouloir les gérer au milieu d’une circulation complexe.
Lorsque le maniement du véhicule devient plus naturel, ton attention peut enfin se libérer pour ce qui se passe autour de toi.
2. Tu découvres les situations trop tard
Anticiper, ce n’est pas essayer de prévoir tout ce qui pourrait arriver.
C’est observer suffisamment loin et suffisamment tôt pour comprendre comment une situation peut évoluer.
Un passage piéton partiellement masqué, une voiture qui s’approche d’une intersection, un feu vert depuis un moment ou un véhicule qui ralentit devant toi sont autant d’indices qui doivent attirer ton attention.
Si tu les repères tard, tu dois agir dans l’urgence.
Tu risques alors de :
- freiner brusquement ;
- faire tes contrôles au dernier moment ;
- hésiter puis te précipiter ;
- mal adapter ton allure ;
- prendre une décision sans avoir toutes les informations ;
- obliger l’inspecteur à intervenir.
À l’inverse, quand tu observes suffisamment tôt, tu as plus de temps pour comprendre, décider et agir progressivement.
Tu conduis alors de manière plus fluide et tu montres davantage d’autonomie.
Comment améliorer ton anticipation ?
Pendant tes prochaines leçons, essaie de ne pas regarder uniquement l’endroit où tu te trouves.
Cherche régulièrement ce qui pourrait influencer ta conduite quelques secondes plus tard :
- la visibilité à la prochaine intersection ;
- les mouvements des piétons ;
- les véhicules qui pourraient s’insérer ;
- les changements de limitation ;
- les zones où un danger peut être masqué ;
- les ralentissements devant toi.
Tu peux également utiliser la conduite commentée, à voix haute avec ton moniteur ou simplement dans ta tête :
« Passage piéton devant. »
« La visibilité à droite est réduite. »
« Cette voiture ralentit, je prévois qu’elle puisse tourner. »
Cette méthode t’oblige à rechercher les informations utiles avant d’avoir besoin d’agir.
3. Ton rythme de conduite n’est pas encore adapté
Avoir du rythme ne signifie pas rouler vite ni chercher à atteindre systématiquement la limitation de vitesse.
Tu dois choisir une allure adaptée :
- à la visibilité ;
- à la circulation ;
- à l’état de la route ;
- aux autres usagers ;
- aux dangers présents ou possibles.
Selon la situation, une allure adaptée peut donc être proche de la limitation ou nettement inférieure.
Le problème apparaît lorsque tu roules trop lentement sans raison, que tu tardes à prendre tes décisions ou que tu attends une aide avant d’agir.
Par exemple :
- tu restes longtemps arrêté alors que tu peux t’engager en sécurité ;
- tu tardes à reprendre une allure normale après un danger ;
- tu ralentis beaucoup alors que la situation ne l’exige pas ;
- tu attends que ton moniteur ou l’inspecteur te dise quoi faire ;
- tu prends tellement de temps pour décider que la situation finit par changer.
Mais attention : chercher à être plus dynamique ne doit jamais te pousser à te précipiter.
Toute la difficulté consiste à faire la différence entre le rythme et la précipitation, mais aussi entre la prudence et la lenteur.
Le bon rythme apparaît lorsque tu observes suffisamment tôt et que tu sais ce que tu dois faire.
Tu peux alors prendre tes décisions sans attendre inutilement, tout en gardant une marge de sécurité.
Ces trois éléments doivent être travaillés dans l’ordre

La maîtrise du véhicule, l’anticipation et le rythme ne sont pas trois problèmes complètement séparés.
Ils se suivent :
Je maîtrise mon véhicule → je peux mieux observer → j’anticipe davantage → j’adopte plus facilement le bon rythme.
Si tu dois encore consacrer beaucoup d’attention aux commandes, tu auras du mal à analyser suffisamment tôt ton environnement.
Et si tu découvres les situations tardivement, tu ne pourras pas être dynamique sans risquer de te précipiter.
Ne cherche donc pas à travailler ton rythme en priorité si la manipulation du véhicule ou l’anticipation te pose encore problème.
Ce serait comme vouloir courir avant de savoir marcher.
Et si le stress t’a fait perdre tes moyens ?
Le stress peut perturber ta maîtrise du véhicule, réduire ton champ d’observation et te faire hésiter davantage.
Mais il faut essayer de déterminer s’il est réellement à l’origine de ton résultat ou s’il a simplement amplifié des difficultés déjà présentes.
Pose-toi cette question :
Est-ce que ces difficultés apparaissent seulement pendant l’examen ou également pendant mes leçons ?
Si tu conduis habituellement de manière autonome et que tout s’est dégradé uniquement le jour du permis, tu dois probablement travailler davantage ta préparation mentale.
Tu peux commencer avec nos 14 solutions pour mieux gérer le stress au permis.
En revanche, si ton moniteur doit régulièrement t’aider dans les mêmes situations, le stress n’est probablement pas la seule cause. Certaines compétences doivent encore être consolidées.
Que faire avant de repasser ton permis ?
Ne te contente pas de te dire : « Il me manquait seulement un ou deux points. »
Un résultat de 19 points signifie bien que tu étais mathématiquement proche du minimum demandé. Mais il faut regarder où et pourquoi ces points ont été perdus.
Voici comment utiliser ton résultat :
- Repère les compétences dans lesquelles tu as obtenu 0 ou 1 point.
- Demande à ton moniteur quels comportements concrets expliquent ces notes.
- Classe tes difficultés entre maîtrise du véhicule, anticipation et rythme.
- Travaille d’abord la première catégorie qui n’est pas encore suffisamment solide.
- Demande ensuite un ou plusieurs examens blancs pour vérifier si les progrès tiennent sur l’ensemble d’un parcours.
Ton résultat n’est pas un jugement définitif sur ta capacité à conduire.
C’est une photographie de ton niveau pendant un examen précis. Utilise-la pour construire un plan de travail concret avant ton prochain passage.
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Il va t’aider à faire le point sur ta conduite, repérer les erreurs qui risquent encore de te pénaliser et identifier les compétences à travailler en priorité.
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