Tu vas bientôt passer ton permis et tu te demandes quelles erreurs peuvent vraiment te faire échouer ? Un calage, un oubli de clignotant ou le fait de toucher un trottoir sont-ils forcément éliminatoires ?
En réalité, toutes les erreurs n’ont pas la même gravité. Certaines entraînent directement l’échec. D’autres deviennent éliminatoires uniquement si elles créent un danger, gênent ou surprennent un autre usager, ou obligent l’inspecteur à intervenir.
Dans notre vidéo vue plus d’un million de fois, on te montre 29 situations que tu dois connaître avant l’examen. On va les reprendre ici en t’expliquant ce qui est réellement éliminatoire et ce qui dépend du contexte.
Qu’est-ce qu’une faute éliminatoire au permis de conduire ?
Pour réussir l’examen pratique, tu dois obtenir au moins 20 points sur 31 et ne commettre aucune erreur éliminatoire.
Une erreur est éliminatoire lorsqu’une action, une absence d’action ou un comportement dangereux place les autres usagers ou le véhicule dans une situation où la sécurité dépend principalement de la réaction des autres.
Autrement dit, si quelqu’un doit freiner, s’écarter ou réagir rapidement pour éviter un accident à cause de toi, la situation peut devenir éliminatoire.
L’inspecteur tient compte de ce que tu fais, mais aussi du contexte et des conséquences possibles. Un même geste peut donc être sans gravité dans une situation et devenir éliminatoire dans une autre.
Les 5 infractions directement éliminatoires
Le texte officiel cite cinq infractions qui constituent une erreur éliminatoire :
- circuler à gauche sur une chaussée à double sens ;
- franchir une ligne continue en dehors des exceptions autorisées ;
- circuler sur une bande d’arrêt d’urgence ou une voie réservée ;
- ne pas respecter un signal qui impose l’arrêt, comme un stop ou un feu rouge ;
- circuler en sens interdit.
Pour les autres situations, l’inspecteur évalue surtout le danger réellement créé.
Si l’inspecteur intervient, est-ce forcément éliminatoire ?
Si l’inspecteur touche le volant ou utilise les doubles commandes pour éviter un danger à ta place, la situation est normalement éliminatoire.
Mais l’inverse n’est pas vrai : l’absence d’intervention ne signifie pas forcément qu’il n’y a pas eu de faute éliminatoire. Certaines erreurs peuvent entraîner l’échec même si l’inspecteur n’a pas eu besoin de toucher aux commandes.
À retenir : ne cherche pas seulement à éviter l’intervention de l’inspecteur. Ton objectif est de conduire de façon à ne pas gêner, ne pas surprendre et ne pas être surpris.
Les 29 fautes éliminatoires ou situations à risque
Il ne s’agit pas d’une liste officielle appliquée mécaniquement par tous les inspecteurs. Ce sont 29 situations concrètes dans lesquelles une erreur peut te faire échouer, selon sa nature et le danger créé.
Signalisation et placement sur la chaussée
1. Ne pas s’arrêter complètement au stop
Au stop, tu dois immobiliser complètement la voiture à la ligne. Te laisser glisser parce que tu penses qu’il n’y a personne ne suffit pas : le non-respect du stop est directement éliminatoire.
Si tu as dû t’arrêter avant la ligne pour laisser traverser un piéton, avance ensuite jusqu’à la ligne et marque bien l’arrêt avant de repartir.
2. Caler dans une situation dangereuse
Caler n’est pas éliminatoire en soi. Tu peux caler, redémarrer correctement et continuer ton examen.
En revanche, si tu cales au moment de t’engager et que tu bloques ou surprends un autre usager, la situation peut devenir éliminatoire.
Ce n’est donc pas seulement le calage qui compte, mais l’endroit, le moment et ses conséquences.
3. Prendre un sens interdit
Circuler en sens interdit est directement éliminatoire.
L’inspecteur ne te dira pas forcément quelle route tu ne peux pas prendre. À toi d’observer les panneaux, le marquage au sol et l’organisation de la chaussée pour choisir la bonne direction.
4. Rouler à contresens ou couper une intersection
Lorsque tu tournes à gauche, tu dois traverser la voie opposée sans rouler dedans.
Si tu coupes tellement ton virage que tu circules sur la partie gauche d’une chaussée à double sens, tu commets une erreur éliminatoire.
Prépare ton placement avant de tourner et regarde loin dans la rue où tu veux entrer. Cela t’aidera à tracer correctement ton virage.
5. Rouler dans une voie réservée
Une voie peut être réservée aux bus, aux taxis, aux vélos ou à une autre catégorie d’usagers. Si tu y circules alors que tu n’y es pas autorisé, la faute est éliminatoire.
Observe les panneaux et le marquage au sol suffisamment tôt pour sélectionner la bonne voie.
6. Franchir une ligne continue
Le franchissement d’une ligne continue est directement éliminatoire lorsqu’il n’entre pas dans l’une des exceptions prévues par le Code de la route.
Pour changer de voie ou tourner, prépare-toi avant le début de la ligne. N’attends pas le dernier moment pour te placer.
Allure et rythme de conduite
7. Dépasser la limitation de vitesse
Tu dois respecter les limitations qui s’appliquent à ta situation, notamment celles des jeunes conducteurs.
Attention à ne pas partir du principe que l’inspecteur tolérera automatiquement quelques kilomètres-heure de plus. Il n’existe pas de règle officielle disant qu’un dépassement de 5 km/h est toujours accepté à l’examen.
L’inspecteur tient compte de l’écart, de sa durée et du contexte, mais tu ne dois pas conduire en comptant sur une tolérance.
8. Rouler trop vite par rapport à la situation
La limitation indique une vitesse maximale, pas une vitesse à atteindre dans toutes les situations.
Tu peux être limité à 50 km/h et devoir rouler beaucoup moins vite à l’approche d’une priorité à droite sans visibilité, d’un passage piéton masqué, d’un virage ou d’une rue étroite.
Si ton allure oblige l’inspecteur à freiner parce que tu n’as pas anticipé un danger, la faute sera éliminatoire.
9. Rouler trop lentement sans raison
Rouler un peu trop lentement n’est pas automatiquement éliminatoire. Mais si les conditions permettent d’avancer normalement et que tu restes très en dessous de l’allure adaptée, tu peux gêner la circulation et montrer que tu n’arrives pas à t’adapter.
L’inspecteur peut te demander d’être plus dynamique. Écoute sa remarque et adapte ton allure dès que la situation le permet.
Il n’existe pas de règle officielle selon laquelle trois remarques entraînent automatiquement l’élimination : c’est encore une fois le comportement global et le danger créé qui comptent.
10. S’arrêter sans raison
Être prudent ne signifie pas s’arrêter dès que tu hésites.
Si tu as le temps de passer en sécurité, mais que tu freines ou t’arrêtes brutalement, tu risques de surprendre les personnes derrière toi.
L’arrêt devient éliminatoire s’il crée une situation dangereuse.
Les erreurs aux feux
11. Freiner brutalement au feu orange alors qu’il est trop tard
Le feu orange impose de s’arrêter, sauf si tu ne peux plus le faire dans des conditions de sécurité suffisantes.
Si le feu passe à l’orange au moment où tu es trop près pour t’arrêter progressivement, ne plante pas les freins uniquement pour éviter de passer.
Tu pourrais t’immobiliser au milieu de l’intersection ou provoquer une collision avec le véhicule qui te suit.
12. Passer au feu orange alors que tu peux encore t’arrêter
À l’inverse, si tu disposes du temps et de la distance nécessaires pour t’arrêter normalement, tu dois le faire.
Accélérer ou continuer sans raison alors que l’arrêt était possible peut être considéré comme une erreur éliminatoire.
13. Ne pas s’arrêter au feu rouge
Le non-respect d’un feu rouge est directement éliminatoire.
Ralentis suffisamment tôt à l’approche du feu pour pouvoir t’arrêter sans précipitation s’il change de couleur.
14. S’arrêter après la ligne du feu
Au feu rouge, tu dois t’arrêter avant la ligne d’effet. Si un sas vélo est présent, tu dois t’immobiliser avant le sas et ne pas empiéter sur l’espace réservé aux cyclistes.
Dépasser largement la ligne peut constituer un non-respect du signal d’arrêt.
Plus tu observes le feu tardivement, plus tu risques de devoir freiner fort ou de t’arrêter au mauvais endroit.
15. Ralentir fortement ou s’arrêter au feu vert sans raison
Si ton feu est vert et qu’un piéton attend avec son feu rouge, tu ne dois pas t’arrêter pour lui faire signe de passer.
Ce geste peut sembler courtois, mais il peut l’inciter à traverser alors que d’autres véhicules continuent de circuler.
Reste attentif et prêt à réagir, mais continue normalement tant que le piéton reste sur le trottoir. Un ralentissement ou un arrêt injustifié peut devenir éliminatoire s’il surprend ou met quelqu’un en danger.
Les refus et abus de priorité
16. Ne pas laisser passer un piéton prioritaire
Un piéton qui est engagé ou qui manifeste clairement son intention de traverser est prioritaire. Tu dois le repérer tôt et t’arrêter dans de bonnes conditions.
Si tu continues et que le piéton doit renoncer, reculer ou s’arrêter à cause de toi, tu risques l’élimination.
Les piétons ne tombent pas du ciel : cherche-les avant d’arriver sur le passage piéton.
17. Refuser une priorité à une intersection
À une priorité à droite, un cédez-le-passage ou toute autre intersection où tu dois laisser passer, ton engagement ne doit jamais obliger l’autre conducteur à freiner ou à modifier sa trajectoire.
Mais attention à l’excès inverse : même lorsque tu es prioritaire, ne force pas si un autre véhicule est déjà trop engagé.
La priorité donne un ordre de passage, pas le droit de provoquer un accident.
18. Refuser la priorité en tournant à gauche
Lorsque tu tournes à gauche et que tu traverses la voie des véhicules venant en face, tu dois les laisser passer.
Si tu t’engages et que tu les obliges à ralentir fortement ou à s’arrêter, tu commets une erreur éliminatoire.
19. S’engager dans un croisement impossible
Si un obstacle se trouve de ton côté et t’oblige à empiéter sur la voie opposée, laisse passer les véhicules qui arrivent en face avant de t’engager.
Ne te contente pas de regarder si ta voiture peut physiquement passer. Demande-toi si l’autre usager devra freiner, s’arrêter ou se serrer à cause de toi.
20. Ne pas faciliter le passage d’un véhicule prioritaire
Lorsqu’un véhicule d’intérêt général prioritaire est en intervention avec ses avertisseurs lumineux et sonores, tu dois lui faciliter le passage sans créer un autre danger.
Même si ton feu est vert, ne t’engage pas si cela l’oblige à ralentir ou à s’arrêter.
21. Couper la route à un véhicule circulant dans une voie réservée
Pour tourner, tu peux parfois devoir traverser une voie réservée matérialisée au sol.
Avant de la couper, vérifie qu’aucun bus, vélo ou autre usager autorisé n’arrive dans cette voie.
S’il doit freiner à cause de ton changement de direction, la faute peut être éliminatoire.
22. Gêner un autre usager pendant une manœuvre
Celui qui circule est prioritaire sur celui qui manœuvre.
Avant de commencer une marche arrière, vérifie autour de toi. Continue ensuite à contrôler pendant toute la manœuvre.
Si un usager arrive, arrête-toi et laisse-le passer. Commencer ou poursuivre ta manœuvre en l’obligeant à attendre, freiner ou s’écarter peut entraîner l’élimination.
Contrôles, communication et distances de sécurité
23. Oublier de contrôler les rétroviseurs
Tu dois notamment contrôler avant de démarrer, de t’arrêter, de changer de direction, de dépasser, de changer de voie ou de t’insérer.
Un oubli ponctuel n’est pas toujours éliminatoire s’il n’y a personne autour.
Mais si tu agis sans voir un usager et que tu le gênes ou le surprends, l’erreur devient dangereuse et peut te faire échouer.
24. Oublier de contrôler l’angle mort
Les rétroviseurs ne montrent pas tout.
Avant un déplacement latéral, un changement de voie ou un départ depuis le bord de la chaussée, vérifie l’angle mort du côté concerné.
L’oubli devient éliminatoire si un usager présent dans cette zone doit réagir ou si l’inspecteur intervient pour t’empêcher de te déporter.
25. Oublier le clignotant
Le clignotant permet aux autres de comprendre ce que tu vas faire. Il doit être mis suffisamment tôt, sans être trompeur.
L’oublier ne provoque pas automatiquement l’échec.
En revanche, changer de direction ou de voie sans avertir et surprendre un autre usager peut devenir éliminatoire.
26. Passer trop près d’un usager ou d’un obstacle
Garde un espace latéral suffisant avec les véhicules stationnés, les portières qui peuvent s’ouvrir, les travaux, les piétons et les cyclistes.
Si tu passes tellement près que tu risques de toucher quelqu’un ou quelque chose, ou que l’inspecteur doit intervenir sur le volant, la faute est éliminatoire.
27. S’arrêter trop près du véhicule devant
Au feu, dans un ralentissement ou derrière une moto, garde un espace qui te permette de réagir et de repartir sans difficulté.
Pendant une marche arrière, arrête-toi également avant de te rapprocher dangereusement d’un véhicule, d’un mur ou d’un piéton.
Une proximité excessive devient éliminatoire lorsqu’elle crée un risque de collision ou oblige l’inspecteur à intervenir.
28. Ne pas respecter la distance de sécurité en roulant
Si tu suis un véhicule de trop près, tu n’auras pas le temps de réagir s’il freine brusquement.
Rétablis rapidement une distance correcte si tu te retrouves momentanément trop proche.
Rester collé au véhicule malgré le danger ou malgré une remarque de l’inspecteur peut devenir éliminatoire.
29. Toucher un trottoir en roulant
Toucher légèrement un trottoir ne figure pas parmi les cinq infractions automatiquement éliminatoires. Tout dépend donc du contexte.
Heurter le trottoir en roulant, monter dessus, risquer de toucher un piéton ou obliger l’inspecteur à reprendre le volant sera éliminatoire.
Pendant une manœuvre réalisée à très faible allure, un simple contact léger n’a pas forcément la même conséquence, tant que tu gardes le contrôle et la sécurité.
Se tromper de direction n’est pas éliminatoire
Tu rates une sortie ou tu comprends trop tard qu’il fallait tourner ? Continue dans la direction où tu es engagé.
Ce qui compte à l’examen, ce n’est pas l’endroit où tu vas, mais la manière dont tu y vas. Ne change jamais de voie ou de direction au dernier moment pour essayer de rattraper ton erreur.
Si tu t’es trompé, assume simplement. L’inspecteur te guidera à nouveau ou adaptera le parcours.
Vouloir corriger trop tard sans contrôle, sans anticipation ou en franchissant une ligne continue peut en revanche provoquer une vraie faute éliminatoire.
Tu peux aussi retrouver notre article sur les consignes données par l’inspecteur le jour du permis.
Comment éviter les fautes éliminatoires le jour du permis ?
N’essaie pas seulement d’apprendre cette liste par cœur. Travaille surtout les mécanismes qui permettent d’éviter ces erreurs :
- observe loin et cherche les dangers avant d’arriver dessus ;
- adapte ton allure à la visibilité et à la circulation, pas seulement à la limitation ;
- contrôle avant chaque action et continue à surveiller pendant que tu la réalises ;
- fais des choix clairs sans précipitation et sans excès d’hésitation ;
- garde toujours suffisamment d’espace autour de la voiture ;
- après une erreur, recentre-toi immédiatement sur la suite de ta conduite.
Tu n’as pas besoin d’être parfait pour réussir. L’inspecteur tient compte du fait que tu es encore un conducteur débutant.
Il veut surtout voir que tu es capable de circuler en sécurité, de comprendre ce qui se passe autour de toi et de prendre les bonnes décisions au bon moment.
Pour mieux comprendre comment il attribue les points, tu peux aussi consulter notre article sur la grille d’évaluation du permis de conduire.
Es-tu vraiment prêt pour l’examen ?
Connaître les fautes éliminatoires est utile, mais cela ne suffit pas.
Le plus important est de savoir si tu arrives à appliquer tout cela en même temps, sans avoir constamment besoin de l’aide de ton moniteur.
Si tu ne sais pas encore où tu en es, fais notre Test Niveau Permis gratuit. Il t’aidera à repérer les erreurs qui peuvent encore te pénaliser et à comprendre ce que tu dois travailler avant l’examen.
Et si ton passage approche, notre formation Préparation à l’examen t’aide à comprendre exactement ce que l’inspecteur attend, à reconnaître les situations à risque et à aborder tes dernières heures avec un plan d’action adapté à ton profil.